La musique classique

Au siècle des Lumières, une bourgeoisie riche et cultivée se fait un honneur de promouvoir des qualités intellectuelles, l’esprit critique, la liberté de pensée, la tolérance religieuse. La musique est, par elle, un signe de distinction. Cette nouvelle bourgeoisie pratique un mécénat actif et intelligent, sachant qu’elle s’illustrera elle-même par la gloire des artistes qu’elle protège. Elle contribue à la formation d’une nouvelle classe d’amateurs qui ne fait plus de musique, mais qui en consomme de plus en plus.

Le nouveau public entend la musique non seulement à l’église et à l’opéra, mais dans les concerts ou “académies”, notamment ceux que les compositeurs et interprètes organisent eux-mêmes à leur propre bénéfice. Une vingtaine de salles de concert fonctionneront à Paris au temps de Mozart, les associations de musique se multiplient en Angleterre et depuis 1700, des Collegium Musicum se fondent dans toute l’Allemagne; et particulièrement sous l’impulsion de Telemann.

Constitués en public, les nouveaux amateurs sont bien plus passifs. Ils n’ont plus d’action directe sur l’évolution de la musique, puisqu’ils la pratiquent de moins en moins. Le star system qui gouverne l’opéra s’introduit dans les nouvelles salles de concert et suscite des sonates et des concertos à la mesure des grands virtuoses. D’autre part, l’orchestre s’adapte aux grandes salles de concert: on l’agrandira plus tard, mais on ne modifiera pas sa stucture fondamentale. Pour cet orchestre, on écrit de grandes sonates en plusieurs mouvements qu’on baptisera de symphonie.

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